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Shaman Pliska

 

 


Boyan Papazov, auteur de la pièce bulgare En parlant à ses puces

Chère Tzena,
Je proposerais que tu donnes le texte suivant à Laurent pour Les Correspondances de La Maison Antoine Vitez.
J’écrirai une lettre à part à Laurent pour le remercier et pour lui dire que j’ai enfilé ici des mots qui mettent à l’épreuve mon anglais.
C’est pourquoi je les ai donnés à toi.
A bientôt !
Boyan

Comment mettre en scène une pièce verbalement

Au temps de mes jeunes années je traduisais, insolemment, des nouvelles de Hemingway, de Choukchine, du russe, une pièce d’Ivan Bukovcan du slovaque. Récemment, j’ai relu et corrigé la version en bulgare de A Street Car named desire et je me suis trouvé confronté au problème : quelle doit être la langue d’un émigré polonais du Sud des Etats-Unis (Stan Kowalsky) en 2006 ? Je me suis rappelé la phrase de Hans Saal : « Traduire, c’est mettre en scène une pièce dans une autre langue ».

Je vais vous faire part de quelque chose que seuls mes « brothers in craft » vont comprendre. (C’est ainsi que j’appelais Rémi De Vos au cours de notre atelier à Val-de-Reuil.)

J’ai été conseillé par des dramaturges à succès de simplifier ma langue, pour « rendre service » aux traducteurs. J’ai conscience de la langue dans laquelle j’écris, je comprends que le marketing en pâtit, mais c’est là mon idée de la richesse linguistique. Je ne peux pas, à cause du marketing, renoncer à mes outils. Or ils ne sont pas qu’à moi. En rédigeant « Un Glossaire pour les traducteurs » pour ma pièce En Parlant à ses puces, j’ai été sidéré par les mots et expressions archaïques dont je me sers. A un moment donné j’ai réalisé que c’était la langue de mon grand-père Dimitar, né en 1868, avec qui j’ai vécu sous le même toit au cours des treize premières années de ma vie. J’ai absorbé la langue du 19e siècle, sans en être conscient. Je l’ai compris et j’ai été envahi de reconnaissance pour « l’auteur de ces mots ». C’est pour cela que je dis que les outils n’appartiennent pas qu’à moi.

Sont à moi seules les « découvertes » faites vers la fin de ma vie seulement et qui consistent à faire une « compression différente de la phrase » pour un drame, un film, un journal. Cela ne s’apprend pas. C’est une expérience et un acquis personnels.

« Traduire et mettre en scène est une seule et même activité, c’est l’art du choix dans la hiérarchie des signes. ». (Antoine Vitez) Je remercie La Maison Antoine Vitez d’avoir « mis en scène verbalement » ma pièce En parlant à ses puces. (Sinon je me sers de la citation d’Antoine Vitez dans sa fonction d’énigme : comment Tzena MILEVA retraduira en français ma citation bulgare sans chercher l’original.)

En vous remerciant pour votre attention
Boyan Papazov
Le 1er mars 2006

Boyan Papazov
Playwright
38, Prof. George Pavlov Street
1111 Sofia, Bulgaria
Phone & Fax: (+359 2) 872 99 73 (voice mail)
E-mail: papazboy@abv.bg
papazov43@yahoo.co.uk
Country house: (+359) 676 52 58
GSM: (+359) 887 82 35 45

38, Prof. George Pavlov Street

1111 Sofia, Bulgaria

Phone & Fax:
(+ 359 2) 8729 973

Country house:
(+ 359) 676 5258

Mobile:
(+ 359) 887 823 545

E - mail: papazboy@abv.bg

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